edito 2o18

 
 

Du Paul Ricoeur . . ou du Walt Disney ?

 

Manu (Président de la République française depuis le 14 mai 2017) : - Bonsoir

jef safi : - Salut fiston ! Oui je sais . . je pourrais être ton père.

- Nous sommes le 31 décembre.

- Merci, je le note, ça m’avait échappé.

- Je viens de présenter mes voeux à tous les français pendant 18 minutes . .

- Je sais, et j’ai trouvé ça suffisant . . toi aussi je t'ai trouvé suffisant.

- . . , et on me dit que c’est trop long . .

- Manifestement tes conseillers sont très avisés. Nous, les riens, souffrons du TADH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité), surtout quand le propos est aussi dense et ardu que le tien. Alors on clique de-ci de-là, on zappe cahin-caha, on se dissipe, on se disperse façon billes . . hmm . . pardon !

- Donc, je voulais en 1 minute, de nouveau, vous dire Bonne Année 2018.

- Oui, ça va aller Manu, on se concentre . . mais va doucement quand même.

- Il y a deux combats qui me tiennent particulièrement à coeur.

- Deux seulement ? La vie est douce pour toi.

- Le premier c’est le combat européen.

- Combat ou démission ? T'as toujours pas compris que de moins en moins d'européens veulent cette guerre compétitive de tous contre tous ?

- J’ai besoin de vous, jeunes européens de tous les pays de l’union, pour vous engager dans ces consultations citoyennes, dire quelle Europe vous voulez . .

- Commençons plutôt par dire laquelle on ne veut plus.

- . . , nous aider à la reconstruire, la refonder, avoir plus d’ambition européenne.

- Je te conseille l'humilité pour cadrer ton ambition. Etudie un peu l'anthropologie, de la neurophysiologie à la sociologie, on a une pléthore d'experts dont tu pourrais t'inspirer si tu ne les méprisais pas du haut de ta culture d'énarque étriqué. Ils n'ont que des décennies de recherches et d'études derrière eux, dans la plus grande neutralité axiologique possible. Ils n'ont pas que des bêtises à t'apprendre, crois moi. L'humilité te manque mon garçon, autant que ton narcissisme t'aveugle, et ça va pas aller en s'arrangeant, je le crains.

- Exprimez-vous, portez des projets, . .

- Porter ? On sait faire, nous les sherpas de la cordée.

- . . aidez à cette refondation dans laquelle je me suis beaucoup engagé, . .

- Si c’est ça beaucoup, et dans cette direction là, alors on ne rêve vraiment pas de la même.

- . . mais qui nécessite votre sursaut.

- On ne se contentera pas de sursauter quand l’ascension deviendra périlleuse et que tu couperas la corde au dessus de nous pour sauver les leaders de ton business, et ta pomme par la même occasion. Je la kiffe pas ta métaphore du premier de cordée . . hmm . . elle pue . . tu l'aurais évitée si t’avais réellement su de quoi tu parlais. Mais peut-être le sais-tu très bien, je le crains.

- La deuxième chose que je voulais vous dire c’est que j’ai besoin de votre engagement à tous et toutes.

- J’entends encore mon chef scout ânonner cette prière de l'aumonier après les confessions du matin, la même que mon CEO quand il nous parachutait ses mantras d'oligarque du haut de son lean-management taylorien. C'était pendant sa guerre productiviste du progrès compétitif pour l’innovation du futur et l'explosion des dividendes . . hahaa . . alors que nous étions déjà aux taquets depuis belle lurette, taxés de ringards résistants au changement, et mis dans l’incapacité de faire du bon boulot.

- La nation sera forte, se tiendra unie, nous arriverons à cette cohésion nationale qui est pour moi la priorité de 2018 . .

- Si tous les gars du mon-on-de-e décidaient d’ê-tre-e co-pains . . marchaient la main dans la main . . le bonheur serait pour demain . . Tu fais peine Manu ! C'est soit du cynisme méprisant soit de la naïveté de petit-bourgeois catho-zombie . . Peut-être les deux.

- . ., si chacune et chacun d’entre vous, là où vous êtes, vous prenez votre part du combat . .

- Tu n’as qu’une minute et tu te répètes, c’est pas très "lean" ça, . . oh pardon c’est pédagogique dis-tu ? . . pour là où on est c’est recommandé par tes communicants ? Dis leur Bravo, jusque là ils ont bien endormi les ballots aux pieds de leurs maîtres.

- . ., votre part de la mission, de la responsabilité qui est la nôtre.

- Quelle responsabilité ? Invisibiliser les perdants ? Esclavagiser les invisibles ? Encourager les gagnants à épuiser nos ressources ? Les laisser intoxiquer la biosphère parce qu'on ne touche pas aux entreprises qui gagnent ? Préparer ta bulle de secours, pour les tiens, avant l’effondrement exterminaliste qui vient ? . . Ton néo-libéralisme ne serait-il pas un tantinet libertarien ?

La cohésion du pays ce n’est pas le président seul qui peut l’assurer.

- T'es fort en enfonçage de portes ouvertes. Ça on le sait depuis longtemps, . . c’est même pour ça entre autres choses qu’on veut re-constituer une 6ème république citoyenne, sans petit roi. Ta 6ème à toi, que tu nous prépares insidieusement, elle sent fort la "démocrature" aussi fardée que disruptive.

- Et donc demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour la France.

- C’est Delahousse qui t’a soufflé la ritournelle JFK des 60s ? Il ne va plus te rester grand chose l’année prochaine dans ta boîte à poncifs. T’es en manque d’imagination ou tu nous prends pour des benêts ?

- Parce que, quand il a fallu vous éduquer, c’est la France qui était là.

- Pour nous éduquer, elle nous éduque ; c’est une litote.

 


Life is a story told by an idiot, full of noise and emotional disturbance but devoid of meaning (W. Shakespeare - Macbeth)


- Quand il faut vous soigner, c’est la France qui est là.

- Pour nous soigner, elle nous soigne ; ça c’est un euphémisme.

- Quand il faut vous relever . .

- Après les crocs-en-jambe ?

- . . , vous accompagner, accompagner vos parents ou vos grands-parents, c’est la France qui est là.

- Ce n’est pas ce qu’ils m’ont dit. C’est clair, on n’a pas eu les mêmes aïeux.

- Alors chaque matin, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour la France en vous engageant dans des associations, en vous engageant dans le service civique, dans nos armées

- Tu recommences, t'es lourd Manu. Et tu recrutes pour les armées ? T'as peur que tes précarisations de masse n'infléchissent pas assez la courbe du chômage ? Moi j'ai fait mon service militaire à la fin des 70s - sapeur dans le Génie - après mes études, avant de chercher du boulot, sans me dérober comme l’ont fait nombre de tire-au-flanc, . . et toi ?

- . . , dans les services publics . .

- Ça va pas être simple dans la décennie qui vient si ton gouvernement, comme nombre de précédents, continue de les asphyxier, ou pire . . de les privatiser.

- . . , ou dans une part de l’action collective que nous avons lancée . .

- Je ne pensais pas à la tienne, moi je suis déjà dans cette autre part que tu ignores du haut de ton mépris de classe propre et lisse.

 


Dialectique du dur et du mou dans la seringue autophage du Saint-Marché oint de grâce prédatrice fiduciaire
et de miséricordieuse concurrence enzymatique libre et non faussée . .


- Alors je vous souhaite une très bonne année 2018, la santé, le bonheur, avec vos proches, et je souhaite que l’année 2018 soit une grande année pour notre pays, l’année de cette renaissance française à laquelle nous aspirons avec une Europe plus forte et avec un engagement de chaque jour.

- Si ce n’est pas du Delahousse c’est du Ségala. Qu’importe ! Ton projet, une renaissance ? Là, tu me mets en colère, j'enrage, c’est du Paul Ricoeur ou du Walt Disney ? Et dire que tous les ballots abonnés au manège enchanté vont encore se laisser étourdir longtemps . . OU PAS.

 

 

 

© jef saφi

 


 


Avec la FI, la « réalité » entre dans l’hémicycle . . mais grâce à la majorité macronienne elle ressort par les oubliettes. Exemple : « la France n’a pas les moyens budgétaires » d’éviter les maltraitances dans les Ephad . .




Comprendre : qui sont les maîtres-chanteurs effectifs . . qui sont les véritables otages ?






Après 1 an de macronisme (à la veille de la marche du 26 mai), et alors qu'une réforme constitutionnelle anti-parlementaire se prépare avec le soutien du contre-révolutionnaire "de Rugy", François Ruffin observe comment l'assemblée nationale n'est déjà plus que l'habit "lustré" de la monarchie présidentielle. Contre le techno-productivisme mercantile, les luttes sociales et morales sont nécessaires MAIS PAS SUFFISANTES, les luttes écologiques et éthiques le sont tout autant et sans exclusive :





Une autre Europe est possible (à l'occasion de l'#AnniversaireDuNon français au TCE, traité dit de Rome 2, lors du référendum de 2005 et de la préparation des prochaines élections européennes ) :




Où Robespierre interroge Jupiter pour l'inviter à redescendre sur Terre :




Petit cours d'anthropologie et de sociologie en 12 questions relatives aux réseaux sociaux (L'occasion d'entendre un JLM qui ne s'emporte pas en développant quelques thèses insoumises):





L'Europe néolibérale austéritaire sombre ; mais une autre Europe est-elle possible ? N'est-elle pas condamnée à l'alternance entre l'européisme technocratique, donc néolibéral, à la grecque et le nationalisme xénophobe, tout aussi néolibéral, à l'italienne ? La fragmentation des gauches n'est-elle l'arme absolue de l'Europe néolibérale ?






Un an d'insoumission . . quel bilan ?!




"L'idéologie se dévoile lorsque l'ordre inégalitaire paraît solidement établi et que ses utilisateurs ne se sentent plus contraints à la ruse." (Georges Balandier). On vit ce moment là. . . "C'est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser. Il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites." (Montesquieu). Nous devons être cette limite au nom du peuple, c'est pourquoi nous n'irons pas à Versailles.




Quelle serait la 6ème république des insoumis . . aux antipodes du projet monarchique contre-révolutionnnaire du gouvernement Macron :




Dialectique des vraies-fausses obstructions à l'Assemblée Nationale déclenchées par l'affaire Benalla-Macron dans les premières 48 heures de la révélation des agissements étouffés de la garde privée de la présidence. De quoi l'affaire Benalla-Macron est-elle le symptôme ? . . de l'hubris oligarchique indécent qu'on retrouve sur tous les autres thèmes de la gouvernance macronienne. La "motion de censure" est le minimum qu'on peut attendre pour ne pas altérer plus gravement encore la république :










Un debrief politique provisoire et clair de Quatennens, malgré l'indigence de la plupart des questions de BFM. Un debrief institutionnel, on ne peut plus pertinent, d'Antoine, pour mettre le projet FI de 6ème République en perspective de l'actualité désastreuse de la 5ème :




L'état social coûte "un pognon de dingue", et ça ne marche pas, les pauvres restent pauvres (dixit monsieur le président Manu). Alors que le financement de la création de valeur . . ne coûte que des réductions d'impots . . et par suite les riches deviennent plus riches. Cherchez l'erreur. Et pendant ce temps-là la macronie (executive et parlementaire supplétive) démolit l'état social . . :







Il faut remettre l'intérêt général humain en tête des objectifs politiques, c'est-à-dire l'équilibre écologique et en premier lieu agronomique. Désobéir aux orientations européennes actuelles est une nécessité vitale. Comment la finance, le libre échange, le culte de la concurrence, et donc la politique macronienne, s'imaginent-ils pouvoir gouverner les saisons par le dumping écologique ? Le néolibéralisme est désormais criminel :


Désobéir aux orientations européennes actuelles est une nécessité de justice fiscale. Le néolibéralisme à l'européenne exploite la fraude, l'évasion et l'optimisation fiscale pour entretenir les injustices qu'engendre le dumping social et fiscal. Le projet de loi macronien n'y corrige rien, il en accentue au contraire l'opacité :


Puisqu'on ne peut fédérer les groupuscules (dont le seul but est de ne pas disparaître en ne changeant pas de politique alignée tout en disant le contraire) il nous reste à fédérer la société elle-même, le grand nombre, pour nous opposer à la destruction de la république des solidarités au bénéfice de quelques oligarchies égoïstes :


Ecologie sociale solidaire, d'une part, et productivisme libéral financiarisé, d'autre part, sont incompatibles. Pourquoi faut-il sans cesse en répéter la démonstration ?


Il faut lire (ou relire) Anselm Jappe pour comprendre comment la légende de l'Ouroborus est devenue notre réelle "société autophage". Il n'y a définitivement plus de lien de cause à effet entre "croissance", "emploi" et "bien-être" . . gouverner ce fantasme est une hérésie criminelle menée par les derniers oligarques prédateurs dont les gouvernants lobbyistes néolibéraux, tel Macron, sont l'incarnation :


Malgré les errements institutionnels de sa mandature, Macron relance sa réforme constitutionnelle sur les voies du management technocratique "agile" de son absurde concept de "start-up nation". Il veut en finir avec la république du CNR, celle de l'état arbitre des solidarités, pour établir une 6e république ordolibérale qui ne dit pas son nom, celle d'un état rivalitaire, du tous contre tous, pour le fondre dans l'ordolibéralisme européen (i.e. du CDU/CSU allemand) d'aujourd'hui. La FI relance sa proposition de 6e république par la voie d'une révolution citoyenne, celle d'un peuple constituant :


Le coeur de l'affrontement idéologique contemporain est le choix de paradigme entre politiques "rivalitaires" ou "solidaires". Tant que les salariés ne comprendront pas qu'une cotisation est un salaire solidaire, il se feront escroquer par les libéraux rivalitaires, ils se laisseront voler leurs solidarités effectives au profit de pseudo-gains en monnaies de singes, fonds de pension, capitalisations, mutuelles privées, etc. :



Emmanuel Macron est dans le désarroi. Alors que ses échecs politiques et ses errements diplomatiques se multiplient, il poursuit son oeuvre néolibérale de destruction des institutions de l'état social et solidaire au lieu de les réparer. Son soutien populaire s'étiole autant que ses rares soutiens européens, les hypnotisés de la première heure ouvrent enfin un oeil. Son bilan courant est désastreux, manifestement on ne peut pas gouverner une nation comme on "manage" une "start-up". Il ne parvient pas à se sortir des dérapages de l'affaire Benalla (voir "Le seul responsable c'est moi ! . ."), il ne se remet pas des démissions majeures de son premier gouvernement et ne parvient pas à convaincre de la pertinence de son remaniement d'octobre.

Il exploite un temps, avec le renfort hypocrite et zélé de quelques médias déférents, l'attaque politico-judiciaire d'exception menée à l'encontre de la FI, opération d'une ampleur telle qu'elle pousse son leader, au dire des bien-pensants médiatisés, à la faute de posture par la véhémence de ses réactions légitimes de colère. C'est cette expédition elle-même qui est une outrance; elle est le symptôme de l'affolement du régime prêt à violenter les principes et le droit républicains en "judiciarisant et criminalisant" tout geste d'opposition démocratique.

Sommes-nous encore en république démocratique ou déjà en démocrature ploutocratique ? Tel est le visage de l'extrême-centre, désormais ouvertement autoritaire, tentant de sauver un système néolibéral en panne.



Pendant ce temps là, l'Europe idéelle des traités s'enlise alors que l'Europe réelle des peuples se délite. "Seuls les naïfs et les hypocrites sont capables de déplorer les effets dont ils chérissent les causes." (Cf. Bossuet). L'Europe est aujourd'hui dirigée par de tels naïfs et hypocrites. Ils idolâtrent la concurrence libre et pourtant faussée. Ils généralisent les libres-échanges qui, faute de croissance, se nourrissent des dumping sociaux, fiscaux et écologiques. Et ils s'inquiètent, sans les combattre, de la montée en puissance des courants fascisants. L'Europe a urgemment besoin de réformes radicales pour ne pas exploser et sombrer dans ses travers historiques funestes.





Quel dur métier que de toujours privilégier les prévilégiés. En effet, il n'est plus possible pour la caste qui gouverne les gouvernants (l'alliance oligarchique des épistocrates-ploutocrates qui ont confisqué les institutions de la république, via Bercy en particulier) de le faire sans que ça crève les yeux, même du plus grand nombre . . enfin presque.



. . / . .

 

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