edito 2o19

 
 

L’altruisme est humain . . l’homme non plus

L’insurrection des Gilets Jaunes révèle moins la colère des perdants de l’économie consumériste que le supplice de leur sevrage. Comme beaucoup d’autres, beaucoup plus nombreux mais plus invisibles et plus résignés encore, ils subissent les restrictions, les manques, les précarisations et bientôt l’élimination. Mais à la différence du plus grand nombre, ceux-là ne veulent pas se résigner à survivre en cachette, en silence, au compte-gouttes. Ce sont les petites classes moyennes, les « exclus de l’intérieur », exclus au sens territorial, économique, réticulaire, culturel, etc., qui voient leurs dépenses contraintes croître alors que les possibilités d’exister et de s’émanciper qu’on leur promettait naguère leur sont refusées ou disparaissent.

Le droit du travail ne les protège plus, l’emploi et la liberté d’entreprendre se précarisent, les salaires se compriment, le goût du « bon boulot » est saboté par les impératifs comptables, le chômage effectif s’accroît, les services publics qu’ils paient s’étiolent et sont phagocytés par des prédateurs privés, l’état social solidaire auquel ils cotisent se délite et se privatise lui aussi, et « en même temps » ils n’entendent que trop la petite bourgeoisie réactionnaire et donneuse de leçons, calquée et flattée par la caisse de résonance des médias déférents, les culpabiliser d’être des riens, des assistés, de ne pas être agiles, de ne pas être performants, les tourner en ridicule de ne pas être bien élevés, de ne pas être cultivés, de ne pas être toilettés récurés, de ne pas savoir penser parfumé et parler manucuré, etc.

Les Gilets Jaunes, et leurs soutiens, sont assez lucides pour démasquer les escamoteurs qui tentent de les duper. Le tour le plus grossier (et ce n’est qu’un exemple) consiste à « leur rendre ce qui est déjà à eux ». Leur rendre leurs cotisations sociales, pour leur « donner » un pouvoir d’achat « apparent » en échange de l’érosion lente et cachée de leurs assurances solidaires santé, chômage et vieillesse. Ou encore « leur rendre la taxe d’habitation » pour mieux affaiblir les engagements communaux de proximité, au profit des équilibres budgétaires globaux et iniques dictés par la finance internationale. Ces tours de passe-passe emballés par le prince prestidigitateur, jeunet et narcissique, leur fait insulte. Comment ne les mettrait-il pas en rage ?

La prochaine entourloupe est déjà prête. Offrir un Grand Gala démocratique pour mieux subtiliser ce qui n’est déjà plus de la démocratie. Moi je sais faire, dira l'opportuniste infant, je vous ai entendus et vous octroie votre RIC par la grâce de ma révision constitutionnelle. Alors le dauphin fripon assignera au RIC des conditions d’applications castratrices et des objectifs frivoles, tout en s’assurant que sa révision à lui soit plus monarchique encore et plus anti-parlementaire que jamais. Il divisera les Gilets Jaunes en deux - il essaiera - entre ceux qui veulent bien discuter dans le vide et ceux qui seront plus enragés encore et qu’il déclarera délinquants dès que l’un d’entre-eux pètera les plombs.

En quelques décennies, le libéralisme individualiste, oublieux d’équité et de fraternité, s’est fondu dans le capitalisme. Il s’est muté en néolibéralisme, ultralibéralisme, ordolibéralisme, etc. Il n'a plus rien de l'humanisme et des droits fondamentaux d'origine. Le simple « droit de propriété », « Usus, Fructus, Abusus », est devenu le « droit de la propriété lucrative » avec son investissement du Fructus devenu essentiellement spéculatif et ses modalités récurrentes d’Abusus devenues la longue traîne nauséabonde des externalités qui nuisent à la gouvernance partagée des biens communs et qu’on ne veut surtout pas intégrer dans les comptes d’exploitation.

Ce néo-ultra-ordo-libéralisme a poussé l’économie dans ses extrémités inégalitaires et délétères, jusqu’à exploser la société en strates hiérarchiques de plus en plus étanches et rivales, à des degrés tels que la disjonction de ces strates échappe même à l’entendement des populations respectives qui y sont enfermées. Ce projet néolibérale autoritaire d’abord, totalitaire bientôt, a-t-il une chance d’aboutir ? Peut-on gouverner une nation stable et juste comme on manage une start-up ? Evidemment non, mais les apprentis qui ont pris l'Elysée après avoir investi Bercy, enfermés dans leurs dogmes technocratiques et managériaux, minablement outillés de calculettes et de tableurs, sont malheureusement convaincus du contraire.

Les Gilets Jaunes ne supportent plus d’être les « sherpas » qu'on maltraite au profit de la caste des « premiers de cordée » qu'on abreuve dans l’ordre économique rivalitaire et brutal des affaires et des rentes. Un beau jour, pour une raison aussi fortuite qu'emblématique, leurs milliers de hontes isolées se coagulent en une même colère partagée, leurs mobilisations locales défensives s'allient dans une même lutte globale offensive. Dans leur sillage sympathisent à l’unisson des groupes sociaux plus misérables mais jusque là reclus et assommés, ainsi que des groupes sociaux plus confortables mais jusque là indolents et léthargiques. La multitude qui se mobilise alors autour des mêmes « affects communs » se fait peuple et s'insurge.

Ce ne sont pas les bons élèves des belles écoles de management et d'administration qui sauront gouverner dans cette tempête avec leurs vieilles boussoles technocratiques et autres tableurs comptables du siècle dernier. Ils sont incultes et obtus en matières d’histoire, de philosophie, d’anthropologie, de sociologie, d’écologie. Pire, ils ne savent pas qu’ils ne savent pas. Les éduqués supérieurs souffrent souvent d'un biais cognitif endémique, ils se croient vraiment supérieurs et sont donc capables d'entêtements autoritaristes funestes. Le novice du quinquennat-là, sorti tout chaud de ce moule-là, a été infiltré à Bercy puis à l’Elysée par ces parrains-là, pour inoculer ces dogmes-là. Chaque matin, devant son miroir magique, il chante «There Is No Alternative» avec tatie Margaret. Néophyte, hier encore, il n’a pas su choisir entre administration et théâtre, alors il s'exerce aux deux en-même-temps, pistonné président, applaudi illusionniste. Pistonné comment ? Applaudi par qui ?

 

usus, fructus, abusus . . abusus . . abusus . . abusus . . (jef safi/flickr) (1) (2)

Ce sont les trois éléments constitutifs du "droit de propriété". L'Usus est le droit d'usage d'un bien. Le Fructus, le droit d'en percevoir les fruits quelles que soient les modalités de son exploitation. L'Abusus, le droit d'en disposer quelle que soit la manière : troquer, dénaturer, escamoter, détruire, recycler, blanchir, disperser, abandonner, jeter, etc. Ces effets collatéraux, dédaignés des comptes, se nomment aussi "externalités".

Alors quand la propriété se fait de plus en plus "lucrative", et que le Fructus se fait de plus en plus juteux, il n'est pas surprenant de voir l'Abusus impunément réitéré se faire de plus en plus . . honteux, odieux, frauduleux, mafieux. La propriété "lucrative", un temps bénéfique en apparence, devient très vite abusive, injuste et prédatrice, inégalitaire et délétère, aussi jouissive pour ceux qui s'en régalent qu'insupportable à ceux qui s'épuisent, contraints et forcés, pour produire un Fructus qu'ils ne partagent pas, et qui souffrent de surcroît des mille conséquences de l'Abusus dont ils doivent supporter et réparer les monstrueuses externalités négatives. Par ses abus, la "propriété lucrative" finit par faire la guerre, et . . .

« There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning. » (Warren Buffett, CNN o6/2oo5)

« Le ruissellement ? . . Quand on a le pouvoir et l’argent, on le garde. C’est l’être humain il est comme ça ! » ( Sonia Krimi - Député LaREM )


L’éthique est humaine . . l’homme non plus

Le grand shoot thermo-industriel des deux derniers siècles du pétrole s’achève. Tels sont les temps qui viennent. Ce n’est pas la croissance qui dicte l’approvisionnement énergétique, mais l’inverse. Et c'est l'approvisionnement énergétique qui fait la puissance effective. Or les signes d’épuisement se manifestent déjà, les coûts marginaux d’extraction grimpent, les pays émergents accroissent leur consommation et tendent les marchés, les conflits autour des gisements s’enveniment, etc. Au moment où la globalisation atteint ses limites physiques, elle atteint sa finitude, c’est-à-dire l’impossibilité de croître indéfiniment dans un espace fermé. Par ailleurs, l’inégalitarisme lui-même tue le néolibéralisme de l’intérieur. Les derniers investisseurs n’innovent et ne se concurrencent que sur les marchés solvables, ceux du suréquipement des nantis, mais en aucun cas pour la satisfaction des besoins primaires des populations exsangues, puisqu’insolvables.

La fascination technologique nous amuse et nous abuse. Le nombre d’objets connectés aux apports illusoires explose, pendant qu'explosent non moins le nombre des victimes de famines pourtant rassasiables, de guerres prédatrices aux motifs fallacieux, de pollutions hypocrites et d'épidémies reléguées. Des tours d’acier et de verre s’élèvent au coeur des riches métropoles pendant que des villes de toile s’étendent et se pérennisent dans les déserts d’accueil. Des camps de rétention se multiplient au pieds des frontières barbelées, ainsi que des murs de ségrégations ethniques, des bateaux de réfugiés rejetés de ports en ports, etc., pendant que des shootés d’intelligence artificielle s’échangent via satellites des images de chatons mignons ou des commentaires de trolls salaces. Où est passée la main invisible d’Adam Smith qui devait si rationnellement harmoniser les demandes et les offres en fonction des besoins et des moyens ?

Dans nos pays prétendument développés, dix à vingt ans de gains de productivité à marche forcée, de réductions progressives des droits du travail, de robotisation, d'automatisation, de démantèlement des services publics, de creusement des dettes privées et publiques, etc., ont permis de maquiller ce ralentissement en affichant leur bonne mine aux PIBs. Mais le renversement de tendance ne s’arrêtera plus, le fard commence à fondre. Inexorablement, les signes d’asphyxie des économies néolibérales mondiales vont se multiplier et ce ne sont pas les injections accommodantes de monnaie et autres mécanismes bancaires de tolérance aux déficits et aux dettes qui desserreront ce noeud gordien, au contraire. L’effondrement qui vient est déjà là, il est systémique, économique et financier, bien avant d’être physique, biologique et climatique. Rien n’est plus fragile et sans résilience qu’un tel système sophistiqué de flux tendus réticulaires et rivaux. Où et quand va se glisser le prochain grain de sable ? Le prochain bug ?

La décroissance n’est plus une option pour écolo-anarchistes, elle est désormais une contingence inévitable, une contrainte physique inflexible. Malheureusement, l’euphorie techno-productiviste a eu le temps d’offrir un confort addictif, pour les gouvernants autant que pour nombre de producteurs et de consommateurs, de sorte que la décroissance qui vient s’annonce comme une cure de désintoxication d’une extrême violence. C’est la raison pour laquelle on assiste à la curée des dernières puissances sur les dernières ressources et les derniers profits. C’est la raison pour laquelle cette curée prend de plus en plus des allures géopolitiques donc militaires. Comment nos sociétés inégalitaires, qui n’ont jamais su partager équitablement les bénéfices du grand shoot sauraient-elles faire montre de justice et de solidarité au moment de partager pacifiquement le sevrage ? Comment les derniers trésors vitaux ne bénéficieraient-ils pas d’abord aux plus forts, aux plus futés et aux plus riches, à commencer par ceux qui sont à la fois forts, futés et riches et qui le savent ?

Si partage il y a, il sera nécessairement coercitif . . ou ne sera pas. Il y a quelques décennies encore, les débats étaient dominés par l’économie et se jouaient, grosso modo, entre sociaux solidaires (alias les gauches, plus ou moins bourgeoises et conformistes, soucieuses d’atténuer les souffrances du plus grand nombre en comptant stupidement sur la bienveillance de quelques uns) et libéraux rivalitaires (alias les droites, plus ou moins normatives et conservatrices, soucieuses d’optimiser les profits de quelques uns en comptant sur la soumission du plus grand nombre). Ces disputes, ces luttes quelques fois même, autour du partage inégalitaire des richesses, occultaient les autres débats. A commencer par le débat écologique qui, lui, se limitait pour l’essentiel à l’opposition entre les archaïques (conservateurs catastrophistes technophobes) et les modernes (progressistes productivistes technophiles) encore émerveillés par les prouesses des magiciens technologiques. Ce temps est fini, ces débats ne sont pas clos mais mutent, et il faut y ajouter désormais les impératifs éthiques. C’est dire si on part de loin . . c'est dire qu'il ne nous reste peut-être qu'à « bricoler dans l'ucurable ».

L’entropie s’est accrue exponentiellement, les dégâts écologiques (au sens large) sont devenues manifestes et les consciences instruites plus nombreuses. Désormais, l’hypothèse d’une fin de notre monde n’est plus une probabilité mais une certitude, il n’y a de doute que sur le scénario, le rythme et le calendrier. L’effondrement sera entropique, irréversible selon le 2nd principe de la thermodynamique, et aussi soudain que fortuit selon les lois chaotiques des systèmes dynamiques instables. C’est sans doute pour très bientôt, les lois de la physique le disent, elles ne font pas de politique, elles sont incorruptibles. Ce qui émerge du grand gâchis, engendré par la surexploitation des ressources et des hommes, est une séparation de plus en plus marquée, entre les frustrés qui s’insurgent et les comblés qui se protègent. Autrement dit, selon les lignes plus abruptes des perspectives qui se dessinent, entre d’une part les crève-la-faim condamnés à périr les premiers et qui s’y refusent, et d’autre part, les repus qui jouissent encore d’espérer survivre un peu plus tard et qui se cramponnent.

L’humanité doit appréhender sa fin, tout comme chaque individu le fait le moment venu, mais comment ? Politiquement et surtout éthiquement ? Qu’en est-il, d’ores et déjà, pour les puissants qui ont compris l’enjeu ? Peut-on dire que les vainqueurs néolibéraux trahissent le peuple des perdants ? Certes ils ne font pas cause commune avec un ennemi, mais c’est pire, c’est eux-mêmes qui se font l’ennemi du peuple, ils l’abandonnent, s'en débarrassent. « L’uniformité (…) ne signifie plus l’égalité. Au contraire, l’enjeu n’est plus d’apporter la même chose à tous, c’est de fournir à chacun ce dont il a besoin. (…) c’est le renouveau de la solidarité. » écrit Macron, dans sa profession de foi « Révolution », une révolution au sens littéral, une contre-révolution au sens historique, une mystification de plus. Autant dire la fin de l’égalité et de la fraternité au bénéfice de la seule liberté individuelle, celle des maîtres qui veulent décider seuls de « qui à besoin de quoi » . . pour que voguent leurs chaloupes. Le néolibéralisme n'est-il pas déjà devenu un exterminalisme ? Ni malthusien, quoique, ni suprémaciste, quoique, mais non moins sauvage, monstrueux, injustifiable.

C’est ainsi que le mépris de classe, l’arrogance, la superbe, s’expriment ad nauseam dans le discours des communicants néolibéraux, ainsi qu'au fil des chroniques de leurs médias déférents, mais sur le fond ses mots cachent à peine à qui sait les entendre, l’indignité, le dégoût et l’avanie des maîtres à l’endroit de ceux qu’ils maintiennent en servitude. Alors que le monde s’effondre, les puissants ont délibérément décidé de sacrifier la vile multitude pour maintenir cet ordre inique le plus longtemps possible. La fin qu’ils caressent justifie les moyens amples et pervers dont ils disposent par héritage, par prédation ou par escroquerie. Pour ceux qui peuvent se sauver un temps soit peu, les « premiers de cordée » d’abord, ce n’est ni la philanthropie ni l’altruisme qui vont les retenir d’abuser de leur puissance. Ce n’est plus une lutte de classes, c'est un sauve-qui-peut, bientôt la guerre.

Les grandes puissances ont intégré l’effondrement qui vient depuis 30 à 40 ans. Ils savent que la menace écologique n’est pas la pire, d’autres plus sourdes et plus immédiates disloquent déjà les habitudes. L’horizon géopolitique s’assombrit. Pour les gros joueurs, l’heure n’est plus aux palabres mais aux prises de positions fortes, ou au moins au renforcement des positions acquises. Les régimes autoritaires se multiplient et se renforcent. Les puissances qui se disent encore démocratiques se font insensiblement démocratures. Ici, les financiers qui avaient déjà pris Bercy on désormais la main sur l’Elysée. Pourquoi abandonneraient-ils une si bonne dynamique en si belle position ?

Les jeux sont faits ? . . Rien ne va plus ? . . Nous avons encore le choix, celui de disparaître ou non dans la dignité. Pour le psychologue, c’est l’affaire de chacun. Pour le politologue, a minima à l’échelle de la nation, là où notre corps social se fonde encore sur un patrimoine d’affects communs libertaires, égalitaires et fraternels, le minimum de dignité est de fonder une 6ème république citoyenne pour y gouverner le juste partage du dernier sevrage. Macron et ses pairs ne manqueront pas de s’y opposer, la contre-révolution bourgeoise fera tout pour conserver ses privilèges, fût-ce sur le dos des peuples, indigènes et migrants.

Peut-on fonder une démocratie réelle dans le sillage des revendications des Gilets Jaunes ? Oui s’il s’agit de se déclarer "peuple constituant" au sein et au-delà des seuls Gilets Jaunes. Tâche "performative" mais néanmoins difficile car il s’agit de s’entendre entre mouvances différentes, voire entre adversaires (sans déjà en faire a priori des ennemis), pour établir les règles constitutionnelles consensuelles dans le cadre desquelles on pourra ensuite débattre sans fin, et donc se disputer sans fin, puis voter des lois majoritairement consenties. La démocratie c’est le débat, sinon . . c'est la chiourme.

Là est le véritable obstacle. La peur ne mobilise pas, elle paralyse. La lucidité ne mobilise pas toujours, elle fatalise et résigne les peureux. En un mot, l’humanisme est humain . . mais l’homme non plus. Il faut donc entreprendre de refonder la République, même si la tâche est malaisée et périlleuse, condition sans laquelle elle ne sera jamais "éthique", jamais « digne » ! Si nous le voulons, elle pourrait être une démocratie représentative, donc délibérative parlementaire, non pas capturée par des représentants tuteurs du peuple, mais par des représentants agréés par celui-ci, instruits et contrôlés par des citoyens aptes à user de leurs droits ultimes de proposition et de révocation. Alors, et alors seulement, un vote sera enfin une voix, ce qu’il n’est toujours pas aujourd’hui. Qui a peur du peuple ? Qui préfèrerait dissoudre le peuple pour ne pas dissoudre l'assemblée ?

Si on ne veut pas sortir par le purgatoire démocratique, on restera prisonnier de l’enfer despotique, aujourd’hui celui de l’extrême-centre néo-ultra-ordo-libéral oligarchique, ploutocratique et corrompu. Demain celui de . . mais . . y aura-t-il un demain ?

 

 

© jef saφi

 

(1) Titres alternatifs :
- Les jeux sont faits ? . . rien ne va plus !
- Quand Donald rencontre Margaret . .
- Ceci n'est pas un Rond-Point . .
- Alex . . au pied, rend les papiers !
- Ceci n'est pas un Grand Débat . .
- À chacun selon "mes" besoins . .
- . ./. .

(2) Le droit de propriété (wikipedia) / Usus (wikipedia) / Fructus (wikipedia) / Abusus (wikipedia) /

 

 

 

Les inserts vidéos ci-dessous sont une sélection restreinte à même de baliser les commentaires correspondants qui, eux mêmes, condensent les moments jugés significatifs de l'année. Pour une sélection plus ample et plus profonde et pour ne rien perdre de ce qui vaut d'être lu et entendu (de notre point de vue), vous êtes invités à parcourir les éléments qu'indexe le bloc-note Entropy ≥ Memory ? Creativity ² . ./. .


 

Quand deux légitimités s'opposent, celle du gouvernement et celle du peuple, quelle est la réponse politique attendue d'une république démocratique ?

L'ère d'un "peuple de citoyens constituants" n'est pas une chimère mais un impératif éthique. L'entretien complet de Chantal Mouffe est ICI . .

Qui a peur du peuple aujourd'hui ? En premier lieu l'oligarchie dont les hommes au gouvernement sont les fondés de pouvoir détenteurs de la violence légitime institutionnelle qu'exercent les "forces de l'ordre" qui ne sont plus les "gardiens de la paix". Cette peur des gouvernants et de leurs parrains est révélée par les ordres qu'ils donnent aux "forces de l'ordre" quand celles-ci outrepassent criminellement les limites de leur mission .

Qu'est-ce qu'une démocratie représentative ? . . c'est un oxymore si le citoyen n'est pas constituant . . Qu'est-ce qu'un citoyen constituant ? . . C'est un pléonasme si le citoyen participe de son plein gré à la vie de la cité. C'est-à-dire s'il partage avec ses concitoyens le pouvoir de faire la constitution, de faire la loi, d'élire et/ou d'être élu, s'il est élu d'être mandaté et contrôlé par ses électeurs et, le cas échéant, d'être destitué s'il est jugé défaillant.

Pourquoi nos voisins britaniques sont-ils enfermés dans une impasse entre "ne pas rester" et "ne pas partir" ? Pourquoi leurs voisins, que nous sommes, leur tordent-ils le bras pour qu'ils restent aux conditions de l'UE ou qu'ils s'effondrent sinon ? Pourquoi, ni les uns ni les autres, ne veulent-ils voir qu'à poser le problème en termes binaires, ils se condamnent à ne jamais le résoudre ? Les anglais ne veulent pas mourir seuls à la dérive (même si certains d'entre-eux préfèrent ce sort par dignité), mais ils ne veulent pas non plus mourir dans la prison ordolibérale allemande (même si certains d'entre-eux préfèrent ce sort par vénalité). C'est parce que les traités qui fondent l'UE sont détestables qu'ils sont détestés, qui faut-il être pour le nier ? "L'UE qui sème la compétition et l'adversité récolte la colère et le refus de vivre ensemble des peuples." Ce n'est pas vouloir quitter l'Europe que de le dire, mais c'est vouloir refonder ses traités sur la base des convergences sociales et écologiques.

Autrement dit, l'insurrection des Gilets Jaunes en France et le Brexit en Grande Bretagne sont-ils deux symptômes du même problème européen ? Oui . . de tout évidence !

Les Gilets Jaunes exigent que la politique reprenne le pouvoir pour s'opposer au totalitarisme ordolibéral de l'UE . . Les brexiteurs aussi ! Qu'attend-on pour refonder les traités européens pacifiquement ? Attend-on que l'Europe explose chaotiquement, qu'elle s'effondre, pour n'importe quelles raisons fortuites, et avec des xénophobes fascisants d'ores et déjà au pouvoir un peu partout ?


. ./. .

 

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